LE TARN LIBRE/Régis Mangeot, ultra-marathonien a couru 24h à Albi pour PéTA

 

• Régis Mangeot, ultra-marathonien a couru 24h à Albi pour PéTA. Crédit photo : David Deteve.
• Régis Mangeot, ultra-marathonien a couru 24h à Albi pour PéTA. Crédit photo : David Deteve.

« Repoussant les limites de l’aptitude sportive, Régis Mangeot, 48 ans, a entrepris une course à pied de 24 heures à Albi où son maillot affichait son soutien à l’association PéTA. Le but de l’épreuve est de parcourir le plus de kilomètres en gérant son alimentation et son repos. Déterminé et poussé par sa motivation à défendre les droits des animaux, l’ultra-marathonien part dans l’optique de faire connaître son mode de vie. Rencontre avec un extra-terrestre.

Vous vous êtes déplacé à Albi pour un événement sportif, lequel ?
Les 24 heures d’Albi, une course de 24 heures comme son nom l’indique. Elle a débuté le 21 octobre à 10 heures pour se terminer le lendemain 10 heures du matin. Le but de l’épreuve est de parcourir un maximum de kilomètres sur une boucle qui compte 1000 mètres. Le Stadium organise tous les ans cet événement. D’ailleurs, l’an prochain, il recevra, quasiment à cette même date, les championnats de France de cette discipline.
C’est une course exigeante…
Dans le monde du trail, on reste à l’écoute de ses sensations et de son corps. On prend les devants en cas de défaillance. Très peu de problèmes surviennent sur ce format de course. Bien que l’endurance soit poussée très loin, le rythme n’est pas aussi violent que lors de courses plus courtes. Peu importe le rythme il faut avancer, le gaz oil c’est le mental. La volonté de dormir n’arrive pas car le corps est toujours en action.
Comment s’entraîne-t-on à ne pas dormir pendant 24h ?
L’effort physique est tellement poussé que l’organisme travaille. La somnolence, un petit coup de fatigue peuvent se manifester mais pas le sommeil car l’organisme continue à tourner. Mentalement vous êtes tellement focalisé sur le bout des 24h que le stade de la fatigue est amplement dépassé.
Comment arrive-t-on à un tel niveau, quel est votre moteur ?
Plein de choses. Dans mon cas, pour arriver à ce niveau j’ai effectué un parcours classique, régulier. En fait j’ai commencé comme tout le monde : des courses de 10 km. Mais je pensais souvent à ma vie “après”. Avant de ne plus avoir l’âge ou que le défaut des capacités se fera ressentir, je voulais participer à une longue course, le 100 km, en l’occurrence Millau. La Mecque des longues courses. Elle passe par Saint-Affrique, s’avère très dure mais magnifique. J’ai participé à cette épreuve, que j’ai plutôt bien finie, et elle m’a donné l’envie de faire d’autres choses, d’ailleurs. J’ai de la chance car dans le monde de l’Ultra, le choix est assez conséquent : des 24h, des formats plus importants comme les 6 jours de France…
Quelle est la différence ?
C’est le même format qu’à Albi mais au lieu de durer 24 heures c’est 144 heures. On mange et on dort selon son gré mais le but est d’avaler un maximum de kilomètres. C’est une montée en puissance et une envie d’aller plus loin, et surtout d’apprendre à se découvrir. On apprend sur soi et on se rend compte que dans la vie on est capable de déplacer des montagnes.
Quelles sont vos motivations ?
Un immense côté plaisir. L’amélioration… en fait dans de telles courses on ne se bat pas contre les autres mais contre soi-même. C’est un voyage intérieur.
Qu’avez-vous découvert sur vous ?
L’endurance. Ca ne sert à rien de baisser les bras, il faut juste prendre le problème à bras le corps et essayer de le régler. Cette discipline m’apprend à relativiser. Elle m’a rendu plus fort, plus stable.
Comment peut-on courir 24 heures sans s’arrêter ?
La préparation consiste en des entraînements conséquents. On cumule des phases avec beaucoup de kilométrages sur une semaine. Il m’est arrivé de courir plus de 180 km sur une semaine. Parfois les séances peuvent être très longues avoisinant les 60 km. Cette répétition du geste permet à l’organisme de se préparer pour absorber la même charge voire plus lors de l’épreuve. Il faut manger des kilomètres pour être opérationnel lors de l’épreuve.
Vous êtes végane, ne faut-il pas absorber des protéines donc de la viande pour faire du sport ?
Ce sont de fausses informations notamment sur les protéines. On part du principe que les protéines doivent être ingérées pour nourrir le muscle. Protéine est un faux terme, il conviendrait de dire acide aminé. Le corps en a besoin pour nourrir et réparer le muscle. Mais on part dans l’exagération, le corps n’en a pas forcément besoin en grosses quantités. Par ailleurs on les trouve dans les légumes, les fruits, les légumineuses qui en renferment en assez grandes quantités, le corps les transforment et nourrit les muscles. On n’a pas besoin de produits carnés. Dans le règne végétal on trouve tout le nécessaire pour vivre sans carence.
Vous êtes végane.. comment est venue cette envie ? Une protection de la vie animale ou un besoin de mieux vivre ?
C’est venu en recherchant le bien-être doublé de l’éthique. J’ai longuement réfléchi après avoir observé le traitement infligé aux animaux qui servent à nourrir les hommes. Davantage que ma santé, ou être bien dans ma tête et dans mon corps ou encore la performance sportive, le questionnement sur le respect de la vie animale a été primordial. En 2006, j’ai entamé une période de végétarisme, je suis passé ensuite au mode de vie végane.
Pourquoi ne pas s’être contenté du végétarisme ?
On ingérait du lait et des œufs. Quand on sait ce qu’il advient des poussins… à la naissance on trie les mâles et les femelles. Les mâles sont broyés, les femelles sont conservées pour devenir des poules pondeuses. D’un autre côté, les vaches sont inséminées artificiellement, donc du viol, ensuite le veau est retiré à la naissance… Au final, le végétarisme sert de transition plus ou moins longue pour être cohérent dans la démarche et atteindre un mode de vie végane, respectueux dans sa globalité. Le végétarisme est le prémisse d’une période d’analyse, de réflexion. La démarche s’intellectualise. Il faut prendre conscience de la situation actuelle, du traitement infligé aux animaux pour passer le cap.
Votre démarche ne vous stigmatise-t-elle pas parmi les sportifs ?
Bien sûr, on nous appelle les “mangeurs de graines” mais le fait de courir, surtout à mon niveau, calme tout de suite. Je préfère montrer l’exemple plutôt que polémiquer pendant des heures. Je leur propose de chausser les baskets et de courir avec moi. Je suis l’exemple même d’une personne apte à penser, vivre, être bien dans son corps et dans da tête, sportif tout en ayant un mode de vie respectueux des animaux.
Vous avez couru 750 km sur 11 jours…
Du 31 août au 10 septembre j’ai fait un challenge, Paris Toulouse en courant en 11 jours 750 km, pour communiquer sur trois points : lutter contre le spécisme, montrer qu’un mode de vie végane permet de faire du sport, de se dépasser tout en étant parfaitement en forme et rappeler que depuis les années 1510, environ 750 espèces animales ont disparu de la surface du globe. La distance Paris Toulouse correspondait à ces trois messages que je souhaitais faire passer. Aujourd’hui il faut vraiment réfléchir à la manière dont on traite la terre et ses habitants. On doit s’atteler à leur protection. A l’issue PéTA m’a contacté pour me proposer de participer à une de leur campagne qui concernait le véganisme. Et sensibilisé par leur travail, j’ai accepté.
Est-ce une action ponctuelle ou un investissement plus poussé de votre part ?
La première partie était une communication, j’ai ensuite proposé de revêtir leurs couleurs aux 24 heures d’Albi, maintenant l’association entame le mois “végane” : un challenge pour pousser les gens à tester pendant au moins un mois ce mode de vie et d’alimentation. Dans ce cadre-là, PéTA publiera pendant 30 jours le contenu de mes repas de façon à donner des pistes.
D’autres participations en faveur de la cause animale ?
J’avais déjà soutenu l’association L214 et Nobody’s dog qui s’occupe de faire adopter des chiens. Je vais continuer dans cette voie, il est important de conjuguer le fait qu’en étant végane on peut faire du sport, on peut lutter contre le spécisme, et en même temps braquer les projecteurs sur les associations qui font un travail fabuleux.
Avez-vous toujours besoin de courir pour quelque chose ou pour quelqu’un ?
Oui c’est important. Je ne l’avais pas fait au début de ma carrière sportive mais il est important de passer un message. Sur ce format de course on est perçu comme des extra-terrestres. Les gens se disent ce n’est pas possible. Eh bien si. Sur mon tee-shirt est marqué le nom d’une association. Je ne suis pas le seul à faire un super boulot, je ne suis pas le seul à être en lumière, l’association est exceptionnelle.
• Crédit photo : David Deteve »

 

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